La révolution majeure qu’a apportée Internet ces dernières années a entraîné une nouvelle approche dans la conception et la mise en œuvre des systèmes d’informations. Les équipes techniques se sont retrouvées face à la problématique suivante :
Comment concilier le besoin d’évolution nécessaire du système d’information et la prise en compte évidente de l’existant ?
Le Portail par son approche structurée optimisant le traitement de l’information ou l’accès approprié à des ressources de l’entreprise est il « la » solution idéale pour l’évolution de l’infrastructure technique d'une grande entreprise?
· Le portail est un point d’accès unique vers plusieurs types d’informations et d’applications personnalisable selon les besoins de chaque utilisateur.
· Il rassemble sur une interface commune un large panel de ressources et de services (applications métier, messagerie électronique, forum, espace de publication, gestion de contenu etc.).
· Il est organisé à l’aide d’éléments d’IHM de base appelés portlets (monde java) ou webpart (monde Microsoft).
· Avant 2000 : Le portail est un site web qui met à disposition des informations et permet l’accès à des services tel que la messagerie électronique ou à des forums. Par exemple : Yahoo, voila etc.
· Entre 2000 et 2005 : Le portail devient progressivement un point d’accès vers plusieurs types d’informations (espace de publication, gestion de contenu etc.). On parle alors de portail d’informations, de gestion de contenu et de portail collaboratif quand il permet l’accès à des intranets.
· A partir de 2005 : on a l’introduction du Web 2.0 qui améliore l’ergonomie par l’utilisation d’un ensemble de technologies existantes (JavaScript, XML, RSS, etc.). La personnalisation des interfaces utilisateurs (IHM) gagne en réactivité. Mais aussi la maturité des web services permet une meilleure intégration des éléments du Legacy des entreprises. Nous entrons dans la quatrième génération de portails. C’est l’ère du portail décisionnel, du portail collaboratif etc.
· 2007 marque définitivement l’ère de la cinquième génération de portails avec l’intégration des fonctionnalités du Web 2.0.
Ces différentes évolutions des portails ont accru les potentialités (technologiques) et le champ d’application des offres de Portail.
Un portail d’entreprise est un portail web qui est destiné à une population identifiée de d’individus appartenant tous ou liés d’une manière ou une autre à une même organisation. Il est généralement sécurisé et dont l’accès est restreint à cette population.
Il intègre les fonctionnalités suivantes:
· Authentification/Autorisation
· Accès aux annuaires,
· la gestion du contenu,
· la recherche documentaire,
· l’intégration d’applications métier
La mise en œuvre d’un portail d’entreprise implique l’intégration d’une multitude de composants tel que des ERP (Enterprise Ressources Planning), des bases de données, des applications métiers d’origines diverses et variées, des outils de collaboration et de messagerie etc. Il est donc apparu nécessaire de définir des standards pour résoudre les problèmes d’intégration et d’interopérabilité qui en résulte. Ces standards facilitent la réutilisation, l'intégration et l'interopérabilité et fournissent l'assurance d’un redéploiement de ces composants sur des portails différents.
Un des éléments qui poussent à l’adoption de la technologie portail dans l’entreprise, c’est que l’infrastructure du portail est un « Framework » qui facilite l’hébergement et l’intégration d’applications d’origines diverses et qu’il améliore la flexibilité/réactivité du SI et permet de réduire le Time To Market de nouvelles offres commerciales
D'après une étude du GARTNER sur l’état du marché des portails d’entreprises menée auprès de plusieurs responsables de systèmes d’information de grands groupes en 2005, la technologie portail apporte un avantage stratégique dans le traitement des multiples demandes émanant du métier.
Cette technologie contribue à apporter souplesse et réactivité aux métiers.
Le Gartner Group a inventé le terme "lieu de travail très performant" et Forrester "le lieu de travail de l'information" pour décrire comment la technologie est utilisée pour augmenter l'agilité du métier par des comportements de travail peu structurés, non-ordinaires.
De tels lieux de travail fournissent des vues contextuelles de données, des informations et des processus pour permettre aux équipes de collaborer. Les deux termes décrivent un environnement moderne, flexible, sécurisé dans lequel les salariés peuvent atteindre des objectifs par l'interaction entre les hommes, les systèmes et les processus.
L’intégration des fonctionnalités suivantes : Authentification/Autorisation, Accès aux annuaires (identification et habilitation des utilisateurs), la gestion du contenu, la recherche documentaire, l’intégration d’applications métier fait du portail un candidat crédible pour le support de ce nouvel environnement de travail contemporain.
D’après une étude du Forrester alors que 59% des dirigeants sont d’accord pour reconnaître l’importance de l’informatique dans la mise en place de procédures innovantes en matière de gestion et d’amélioration de la productivité des salariés, seuls 36% sont satisfaits de l’apport de l’IT et du niveau du support des technologies mises en places. Pourquoi donc ce désaveu sans commune mesure avec ce que l’informatique a apporté aux utilisateurs métiers ces deux dernières décennies ? A savoir : logiciels de gestion des ressources humaines, de gestion de la relation clientèle (CRM), progiciels de gestion intégrée (ERP), d’intelligence économique (BI), Datawarehouses, messagerie électronique etc.
Tous ces systèmes qui ont contribué à résoudre de nombreux problèmes ont pour défauts d’avoir des interfaces utilisateurs rigides, d’être intimement liés à des plateformes et des langages de développement, des bases de données, etc. Ce qui entraîne une consommation de ressources financières pour la maintenance au détriment de nouveau développements et une progression exponentielle des coûts de maintenance.
En raison de leur dépendance à une plate-forme particulière et des développements propriétaires ces systèmes posent de gros problèmes d’interopérabilité, qui ne peuvent être résolues que par des développements spécifiques, qui doivent être adaptés à chaque montée de version des produits.
L’adaptation d’un processus métier tel que la vérification du statut d’une commande (chéquier, carte bleue etc.) et des informations du client dans un seul système devient un projet d’environ 18 mois (cf Forrester et Gartner). Le portail d’entreprise permet à la maîtrise d’œuvre de répondre plus rapidement aux besoins d’intégration et d’amélioration provenant de la maîtrise d’ouvrage.
Une stratégie portail basée sur la fourniture de solutions web pour le métier (Contact, Pilotage commercial, Risque, Chargé d’accueil, CRCM, etc) permettra de répondre à un plus large ensemble des demandes. Les portails de dernière génération fournissent des solutions avancées de collaboration, d’orchestration de processus, de gestion de l’expérience utilisateur et des Frameworks d’applications composites. Cette collection de technologie permet de créer un nouveau type d’applications web qui aident à l’amélioration de la productivité des utilisateurs du Système d’Information.
L’adoption d’un portail d’entreprise peut aussi être motivée par des considérations purement technologiques. L’Architecture Orientée Services (SOA) s’adapte parfaitement à ce cas.
Beaucoup de services informatiques sont convaincus des apports de l’architecture orientée services (SOA) en termes d’amélioration de la réactivité aux besoins métiers, d’optimisation des processus métiers, de l’augmentation des retours sur investissements des systèmes existants et surtout de la minimisation des coûts de développement mais ils ne savent pas comment et par où commencer pour passer à la SOA.
Le portail facilite la mise en œuvre de la SOA. Exemple le partage de services d’IHM qui permet de raccourcir le délai de développement des IHM.
Le Gartner prévoit qu’en 2007 plus de la moitié des projets basés sur la SOA dans le monde seront supportés par des portails car ils fournissent un framework qui délivre des services par composition d’applications existantes (mashup). Ce à quoi contribue le concept de la SOA.
Au-delà de sa fonction de mutualisation des services d’interface, le portail est typiquement l’interface d’accès d’une architecture SOA : il va être le support du tiers présentation. Le portail prend ainsi en charge la construction de l’interface et de l’assemblage dynamique des
services nécessaires à l’utilisateur dans le contexte de son processus.
Le portail participe également à l’objectif de réutilisation et flexibilité mis en avant par la SOA. Exemple: la notion de modèle d’application dont les points de variation des composants métiers peuvent être configurés par un utilisateur métier.
L’utilisateur n’a pas besoin de connaître le processus complet et la localisation des pages nécessaires à son activité, seules les fonctions pertinentes pour son activité lui sont présentées.
Ainsi toute amélioration se traduira par la définition de nouveaux services permettant de gagner en temps de développement et en
réactivité.
WEB 2.0 : Standard de facto pour les portails de dernière génération ?
Le WEB 2.0 représente le futur de la technologie des portails d’entreprise car ceux ci sont la première destination du partage de la connaissance et des documents, de la publication de contenu et de la recherche documentaire. Ces dernières années les portails ont été utilisés pour le développement d’applications composites avant que le web 2.0 fasse émerger ce qu’on appelle le « mashup » qui représente des applications assemblées à partir d’un réseau de composants réutilisables et de services hébergés séparément pour satisfaire un besoin singulier de l’utilisateur.
On pourrait illustrer en prenant l’exemple d’un site comme www.pap.fr qui est un site de location et de vente de biens immobiliers et de terrains. Une architecture WEB 2.0 permettra de combiner les données issues des bases de pap.fr avec des données de Google Map afin d’offrir au client la cartographie exacte du lieu où se trouve le bien qu’il souhaite louer ou acheter.
Les technologies à la base de ce genre d’applications (SOAP, XML, Http, Javascript, WSDL) sur internet sont les mêmes que celles qui sont utilisées pour la mise en œuvre des applications développées pour les portails d’entreprise. Mais utilisées en mode WEB 2.0 ces technologies rendent l’expérience du consommateur plus dynamique avec plus de souplesse. Aujourd’hui le portail intègre les fonctionnalités apportées par le WEB2.0. Cette technique permet de rafraîchir une zone de l'écran (portlet) sans intervention du portail. Le rendu étant calculé par le Navigateur, allégeant d'autant la charge du portail. C es technologies vont changer en profondeur notre façon d'interagir avec les applications. Un exemple d'un processus bancaire: Aujourd'hui lorsqu'un Chargé de Clientèle veut connaître le cours d'un titre, il doit cliquer sur l'icône de l'application (3270) qui détient cette information. L'application lui retourne un écran de saisie du code du produit. Si l'agent ne connaît pas la codification du produit, il doit utiliser un assistant de recherche du code. Ce n'est qu'une fois le code correct saisie que l'application affichera le cours. Dans le modèle WEB 2.0, le scénario est le suivant: L'agent a sélectionné dans un portlet la liste des produits avec lesquels il travail habituellement. Le portlet affiche en permanence et en continue le cours des produits sélectionnés. En un coup d'œil, sans frappe au clavier, l'agent obtient l'information qui lui est nécessaire. De plus, il peut transférer, par " drag&drop" cette information sur un autre portlet. L'efficacité de l'agent est considérablement améliorée.
Un portail-WEB2.0 permettra donc d’améliorer par exemple l’ergonomie de l’IHM bancaire dans le sens souhaité par les utilisateurs, tout en ne nécessitant pas une capacité de calcul trop importante.